Poèmes – Poems  - Gedichte

Séisme

Le rideau de la vie se déchire
La terre tremble
Ouvrant ses entrailles
Secousses, hurlements et cris
Percent le silence de la nuit.

Hagards, effrayés
Les habitants s'enfuient
Les maisons disparaissent
L'odeur de la mort se promène...

Désolation et désespoir !

Au lever du jour
La terre gronde toujours
La pluie déverse
A travers les ruines
Des larmes amères.

Les survivants hébétés explorent
En écoutant sous les débris
Un moindre souffle de vie
A travers les décombres de la mort.


 
Aziadée


... et ECOLOGIE
« Je ne suis pas breton, français, léthon, chinois, anglais,
Je suis à la fois tout cela.
Je suis homme universel et général du monde entier. »

(Armand Robin)

Etre poète


Le poète est le porteur des trésors de la vie. Le poète mord la vie à pleines dents. Il l'aborde avec le regard de l'enfant et s'émerveille des images qu'elle met sur son chemin. Le poète ne se laisse pas aller aux faux semblants qui animent trop d'hommes, mais il sait conserver la jeunesse du coeur, qui lui accorde de vivre plusieurs vies à la fois. Il met en avant ses qualités d'imagination, d'intuition ou encore de visionnaire. Il conduit à des dimensions nouvelles et mène les hommes vers des sentiers autres. Le poète traduit un langage subtil, à lui seul perceptible dans son environnement. Après avoir senti les choses et les êtres, il a l'art ensuite d'assembler les mots et de les faire vibrer. Le poète est celui qui ouvre les portes de l'avenir et fait jaillir des étincelles d'espoir de par le monde.

Etre poète ... c'est se relier à l'autre par des mots, C'est un état d'être ...vrai, c'est avoir un esprit en devenir. C'est se transporter vers un ailleurs.

La poésie à message a de tout temps mis en garde l'humanité contre les fléaux qui la minent ou la guettent et lui a donné de nouveaux élans d'espoir.(…)

Le poète Jacques Jourquin, en pensant

Et si l'écologie
N'était pas autre chose
Que l'écho logique des choses

ouvre la voie à une nouvelle approche de la nature et de l'environnement.

Eh oui, notre chère mère nature, pas plus que la sensibilité de l'homme, il ne nous faut les oublier dans nos élans vers le progrès: combien les poètes nous l'ont répété et nous le scandent, pour le faire pénétrer dans nos consciences! Sinon, eux le savent, le progrès technique, informatique et autre, au lieu de nous libérer, nous happera. Le poète depuis la nuit des temps, est conscient de ce danger et il ne cesse de vouloir nous prévenir sous diverses formes d'expression. Il nous l'a dit sur tous les tons qu'il ne fallait pas blesser cette nature qui est notre mère et qui se reflète dans notre constitution d'homme. Il nous l'a chanté sur tous les airs cet amour qui embellit les âmes et rend légère la vie. I1. continuera à nous alerter car c'est son bon sens dans ses élans vibratoires qui ne peut trouver le repos tant que les sociétés ne l'auront compris. La nature, elle, est toujours là, notre mère qui nous ouvre les bras , mais elle pleure souvent maintenant et aussi se révolte. L'homme, hélas, dégénère, en devenant un robot de sa propre création. Il en oublie d'être humain avec des élans du coeur, sous le regard de sa mère nature blessée. Par la bouche du poète dans ses cris d'amour, écoutons la voix de la raison.

La poésie de la nature et de l'amour ou les élans vers la beauté: déjà Sapho de Lesbos au VIème siècle avant Jésus-Christ chantait dans des vers superbes sa vision de la nature et celle de l'homme, et de la femme bien sûr.

Alors la rosée répand en gouttes sa beauté
Alors s'épanouissent les roses,
Le délicat cerfeuil, les fleurs du mélilot.

(…) Ronsard mettait en garde déjà l'homme contre les tourments qu'il infligeait à la nature

Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras.
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;
Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force,
Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce?

Le poète ne cesse pas de nous alerter:

C’est une triste chose de penser que la nature parle
 et que le genre humain n'écoute pas.

(Victor Hugo ).
 

Plus il y a … de machines
 pour soulager l'industrie de l'homme,
 plus il y a d'hommes qui ne sont que des machines. »

(Louis de Bonald).


Ne permettons pas qu'on nous enlève la part de nature que nous renfermons.
N'en perdons pas une étamine, n'en cédons pas un grain d'eau .

(René Clair)
 

Quand la nature aura passé, l'homme la suivra.

(Roger Heim)


 


La nature a de tout temps été saluée par les poètes comme notre mère, celle qui porte en elle les trésors qui maintiennent et énergétisent notre vie et n'ont cessé de nous demander de la respecter en tant que telle et de ne jamais nous éloigner d'elle. Cet état d'esprit du poète se perçoit bien dans un extrait du magnifique « Hymne à la terre » de Guillaume du Bartas:

 ...Je te salue, ô terre, ô terre porte grains,
Porte or, porte santé, porte habits, porte humains
Porte fruits, porte tous, alme, belle, immobile,
Patiente, diverse, odorante, fertile,
Vêtue d'un manteau tout damassé de fleurs,
Passementé de flots, bigarré de couleurs.

Arthur Rimbaud, le poète tourné vers le futur, vers un avenir plus beau, voit aussi dans la nature une bonne fée.
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue;
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

***


Serge Lapisse
(à suivre)


1ère partie:  Etre poète (FCE no 110)

FCE no 111
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