Analyse

Les Conférences pour la Paix:

un regard dans le miroir

par Harold S. Bidmead



Les amoureux de la Paix sont invités à assister à la Conférence pour la Paix et la Justice qui se tiendra à La Haye en mai 1999, à l’occasion du centième anniversaire de la première conférence internationale pour la Paix dans la même ville. Au cours de ce siècle le monde ne semble avoir fait aucun progrès en direction de l’abolition de la guerre. Cela surprend moins quand on considère que, comme tant d’autres conférences pour la paix, celle-ci place au dernier point de son ordre du jour « l’identification des causes profondes de la guerre ». A en juger par d’autres conférences de ce genre, nous devons peut-être même nous montrer reconnaissants que la question figure somme toute au programme de la réunion.

L’invitation montre que les organisateurs ont l’intention de se concentrer sur la ratification de la Cour Criminelle Internationale et sur l’interdiction des mines antipersonnel, des armes nucléaires, du génocide, de la discrimination raciale, de la dégradation de l’environnement et du colonialisme. Toutefois, comme par le passé, aucune référence n’est faite à un moyen permettant de mettre en oeuvre efficacement de telles mesures par des moyens pacifiques.

L’humanité a assez duré pour savoir que la première cause de la guerre est la souveraineté nationale, la prétention d’agir comme juge et jury dans son propre cas. Celle-ci prévaut sur des conséquences secondaires parmi lesquelles figurent la pauvreté, la cupidité, le totalitarisme, l’injustice sociale, les armements... Le remède contre l’anarchie est le gouvernement; le remède contre l’anarchie internationale est le gouvernement international. Tant que nous n’allons pas dans cette direction, le fait de combattre les autres maux revient seulement à traiter les symptômes de la maladie sans s’attaquer au virus qui la cause.

Les organisateurs appellent la Conférence « Un Appel pour la Paix ». Les appels pour la paix vont de pair avec des semaines de la paix, des prières pour la paix, des insignes pour la paix, des autocollants pour la paix, des affiches pour la paix, des pigeons pour la paix et des ballons pour la paix (qui plus tard polluent le sol ou tuent les tortues marines). Ces actions ne mèneront nulle part tant que nous n’allons pas franchir le pas de modifier le système actuel (les Nations «Unies» - une ligue d’Etats souverains) qui cherche à préserver la paix par des moyens guerriers, y compris des sanctions qui punissent les faibles, les pauvres et les innocents plutôt que les coupables.

Le gouvernement fédéral mondial est peut-être une utopie lointaine. Mais nous devons avancer sur la bonne voie. Les pays démocratiques sont les régimes les plus aptes à faire partie d’un gouvernement interpopulaire réglementé par un système légal approprié. Il leur appartient de montrer le chemin en créant une union fédérale - aussi puissante que personne n’osera la défier, aussi juste que personne ne voudra s’opposer à elle et couronnée d’autant de succès que tous les non-membres vont réclamer, à grands cris, à en faire partie.

(traduit de l’anglais, J. P.)
<= FCE NO 101

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