Au secours du FRI
Les Voiles de la Liberté

Le FRI (Liberté, en danois), bateau-symbole de la lutte contre les essais nucléaires, aura 90 ans en 2002. Servant de voilier-cargo pendant 55 ans, il avait déjà joué un rôle important lors de la seconde guerre mondiale (permettant notamment la fuite de l’Allemagne nazie de quelque 200 Juifs) avant de devenir en 1971, sur l’initiative de l’écologiste  américain David MOODIE, un instrument exclusivement au service de la paix et de la sauvegarde de la planète.

En 1973, quelques jours seulement avant l'explosion d’une bombe atomique, le FRI est arraisonné par la Marine française aux abords de Mururoa, l’atoll tristement connu pour les essais nucléaires atmosphériques poursuivis par la France dans l’Océan Pacifique. Avec à son bord un équipage international (dont Gilbert Nicolas, pasteur protestant à Quimper et correspondant FCE), il avait circulé – en signe de protestation – pendant sept semaines dans la zone d’essais.

Juste avant sa capture, un groupe de personnalités sympathisantes dit « Le Bataillon de la Paix » (composé du Général de Bollardière, de Jean Toulat, de Jean-Marie Muller et de Brice Lalonde) avait rejoint le navire pour s’associer à une grève de la faim de deux semaines. L’opération aura duré huit mois. Le bateau sera rendu ultérieurement, dans un état saboté.

Malgré le coup de force des autorités, l'action était vécue comme une victoire : "Nous avions ouvert le chemin des protestations bientôt suivies de celles de Greenpeace", note Gilbert NICOLAS. En effet, un an après son périple à Mururoa, l'équipage du FRI pouvait crier victoire. Le gouvernement français décidait de la fin des essais dans l'atmosphère. Mais les essais souterrains ont continué. Et avec eux l’anéantissement de la terre. « L'atoll aurait dû être rendu à ses habitants. Le sol est désormais impropre à toute vie pour des milliers d'années », vient de déclarer Gilbert au Quotidien des Festivals bretons, à Douarnenez (lors du Festival Maori en août 2001).

Depuis plus de dix ans, Gilbert Nicolas fait des démarches et lance des appels (infructueux) pour sauver ce bateau symbolique, qui a fait le tour du monde et visité plusieurs points « chauds » de la planète (Hiroshima, Nagasaki, la pointe Est de l’ex-URSS, la Chine, Bikini, Haïti, la Dominique… transportant chaque fois des dizaines de tonnes de médicaments, de nourriture, de vêtements…). L’histoire de ce navire reflète les drames et les espoirs de tout un siècle. Pour le sauver de la dégradation progressive il faudrait un petit miracle. Aura-t-il lieu ? La dégradation de la planète et la terreur ont leurs financiers généreux, l’écologie et la paix auront-elles les leurs ?

Adresser vos suggestions et vos soutiens à :

Gilbert NICOLAS, 15 rue du Palais,
F-29000 QUIMPER
CCP Marie Paillard (Mention FRI) 2.884.02.C.Rennes.

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Informations supplémentaires (FCE no 110)
Action de soutien de l'artiste David Moody
FCE no 106
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