Au
Togo, le groupement de Kossi a commencé à rembourser l’emprunt
grâce auquel il a pu s’équiper pour la culture attelée,
multiplier ses productions vivrières par 5, initier de nouvelles
cultures, susciter et fédérer de nouveaux groupements de
jeunes villageois pour diversifier les productions, former à leur
tour ces groupements à la culture attelée. Kossi ne connaît
pas la neige, mais c’est bien un effet « boule de neige » que
la réussite de son groupement a initié, à partir d’un
modeste financement qu’il a su faire fructifier dans un esprit de partage.
Kossi rembourse donc son emprunt. Ça tombe bien, parce que, justement, chez le voisin du nord, au Burkina Faso, le groupement de Symphorien a besoin à son tour d’un petit coup de pouce pour démarrer l’élevage de porcs locaux qui se vendront bien et qui aideront ses familles à sortir de la misère. Le remboursement du groupement de Kossi va y contribuer. Il ne suffira pas : on lui ajoutera le remboursement de l’emprunt de la coopérative d’Adrien, en Haïti, qui commence à rentabiliser le magasin d’approvisionnement des paysans de sa région d’Artibonite. Elle aussi avait reçu un petit financement pour démarrer son magasin, et maintenant, ça marche. Du coup, les paysans se trouvent désormais assurés d’un approvisionnement régulier en semences, en engrais et en outillage: ils peuvent donc programmer enfin leurs cultures et leurs récoltes.
Et si la coopérative haïtienne avait pu ainsi être aidée, c’était parce que le centre de formation professionnelle de Casimir le rwandais et la maison des chômeurs de Maurice en France avaient eux-mêmes remboursé les emprunts qui leur avaient permis de progresser vers l’autosuffisance alimentaire des populations dont ils ont la charge.
Et ainsi de suite… des dizaines de groupements à travers le monde pratiquent de cette façon l’entraide mutualiste au sein du Fonds Mondial de Solidarité contre la Faim auxquels ils adhèrent. Santiago, Marie-Nicole, Dermane, Denis, Gbati, Miteyo, Yaovi, Idrissa, Georges, Gaston, Ibrahimou, Mawuli, Abalo, Ekouégan, Francisco, Constance, Wohubé et tant d’autres témoignent ensemble que la véritable solidarité n’est pas l’assistance et qu’elle se fonde sur une réciprocité qu’il convient d’organiser.
Organiser ! pas facile, quand on dispose à peine de l’argent pour se nourrir. Mais, bon ! quand on veut, on peut. Et voici qu’après 18 années de travail, le Fonds Mondial de Solidarité contre la Faim a tenu sa première assemblée fédérale mondiale, en août 2000, à Abomey Calavi (Bénin). Pourquoi au Bénin? Tout simplement parce que, sur ses 1050 adhérents actuels, plus de 800 sont africains. Non seulement le contact direct entre partenaires lointains, dont beaucoup n’avaient jamais quitté leur village, fut chargé d’une grande émotion, mais la réalité de l’appropriation par tous d’une démarche de solidarité transnationale sur un mode mutualiste et fédéraliste est allée de soi. L’élection de représentants africains dans les instances dirigeantes du Fonds Mondial en témoigne et leur donne une vigueur nouvelle. De fait, c’est dans l’action qu’une institution mondiale démocratique est ici en cours de création.
Inutile de préciser que le Fonds Mondial de Solidarité contre la Faim est ouvert à TOUS les citoyens de notre planète !…
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