Inauguration du Complexe
de méditation Intergalactique
du TRAMSSCHAPP en 2066
(suite, VII)
Ces franchissements indécelables par les moyens de biosurveillance disponibles allaient en s’accroissant. En outre, des membres de sectes religieuses originaires de la Confédération d’Amérique du Nord s’introduisaient dans les territoires de la FEOC pour injecter subrepticement aux citoyens et aux citoyennes des biopuces de conversion aux valeurs de la « démocratie morale ». Arthur devait mettre au point un système de détection de ces puces qui parvenaient à ces individus par l’hypertoile et étaient, par conséquent, absentes de leur attirail vestimentaire au moment de leur franchissement des zones de transition qui ceinturaient la Fédération européenne ou de leur arrivée dans les portiques d’accueil des différentes régions.
Avant le repas, il avait demandé discrètement à son biordinateur de lui composer un itinéraire commode pour rejoindre son lieu de travail avec les meilleurs moyens disponibles. Il put ainsi continuer à se consacrer à ses amis jusqu’au dernier moment.
François-Jérôme et Svetlana, ragaillardis par le délicieux repas dégusté chez leur ami et enchantés de cet intermède imprévu, reçurent la nouvelle que le logement de la jeune femme était à nouveau opérationnel. Ils firent leurs adieux à Arthur et lui souhaitèrent une bonne mission.
Un autotaxi vint chercher Arthur sur le pas de sa porte et le cueillit à l’aide d’un collecteur en forme de pétale de tulipe. Ce véhicule autoguidé l’emmena à la station de transbordement du convoyeur magnétique transeuropéen (CMT) qui assurait les déplacements au sein de la Fédération. Dans le boyau de chargement et déchargement, il croisa un Asiatique hilare qui chantonnait à mi-voix une cantate de Bach. « Bon signe, se dit-il, le monde des humains n’est pas totalement perdu. »
Bien calé dans un siège-cocon situé près de la paroi entièrement translucide du convoi qui filait à 500 km/heure vers le nord de l’ancienne République fédérale d’Allemagne, il se laissa aller à une aimable rêverie. Le paysage ne montrait plus que rideaux d’arbres, rivières paressant au creux de vallons paisibles et agglomérations truffées de verdure. Aucun signe d’activité de transformation ne défigurait les interstices entre les zones habitées. Tout était pimpant. Même les anciens villages teutoniques avec leurs clochers à bulbe étaient encore plus authentiques qu’à l’origine. Le Rhin coulait majestueusement entre des rives altières que décoraient encore quelques vignes-témoins objets des soins maniaques de la branche rhénane de l’ordre des derniers vignerons européens. Aucune affiche ni panneau publicitaire n’enlaidissaient ces lieux fameux. La paroi en « verroc » des voitures s’illuminait de temps à autres pour vanter l’un ou l’autre produit des lieux que traversait le convoi.
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