L’association UnitéE se présente elle-même sur un tract qui est joint au présent numéro. Profondément attachée à l'Europe, elle se propose de contribuer à la formation d'une identité et d'une culture européennes qui permettront de donner véritablement corps à la solidarité entre les peuples et les régions, sans laquelle une union politique serait vide de sens.
Ses adhérents sont convaincus que la question aujourd'hui n'est pas de savoir si nous voulons une Europe plus libérale ou au contraire plus sociale: ce type de choix, dans les faits, nous échappe. Le vrai choix est entre une Europe fédérale et une simple zone de libre échange de nations liées par des intérêts économiques. Et nous ne voulons pas être conduits par inadvertance vers une Europe économique qui ne serait qu'une composante du phénomène de "mondialisation".
L'exemple de la réunification de l'Allemagne est révélateur: alors que la situation économique des deux Allemagne différait bien plus que celle de l'Allemagne de l'Ouest de celle de ses principaux partenaires européens, la réunification a pu se faire à marche forcée, parce que la culture a transcendé les divergences économiques et a rendu acceptables aux plus riches les sacrifices financiers qu'ils ont consentis.
Nous croyons que si la construction européenne a pu avancer depuis un demi-siècle, c'est parce que tous les Européens partageaient "l'expérience" de la guerre, qui a permis de dépasser durant ces années les égoïsmes nationaux. Cette communauté de souffrance disparaissant, nous pensons qu'il n'y aura pas de véritable union politique durable si les Européens ne partagent pas un projet culturel puissant qui dépasse les intérêts économiques.
La langue est le principal élément
constitutif de l'identité des individus. Elle symbolise par excellence
l'appartenance à un groupe et constitue ainsi le socle sur lequel
peut se construire la solidarité. Elle est la matière première
qui permet le développement d'une culture dans laquelle les individus
vont se reconnaître et se comprendre.
Une initiative de l'actuel Parlement européen sur le choix d'une langue commune -créée ou existante- qui protégera les langues et les cultures nationales et régionales, peut provoquer une rupture. En rappelant ainsi qu'une union ne peut se construire sans une dimension culturelle, il créera une situation nouvelle qui permettra de sortir des blocages institutionnels et de lancer un véritable projet fédéral.
Ainsi, à l’occasion de la rentrée du Parlement européen en automne 1999, UnitéE a envoyé un questionnaire d’enquête aux députés européens, accompagné d’un courrier personnalisé et d’une présentation de l’association en différentes langues. Ce questionnaire était destiné à mesurer la sensibilité des parlementaires à la problématique des langues et leur intérêt à l’idée d’une langue commune. Les premières conclusions qu’on peut tirer des réponses sont les suivantes :
- la plupart de ceux qui ont répondu sont des «
fédéralistes
» et souhaitent en savoir plus sur UnitéE ;
- une forte majorité est favorable à
une langue commune, la plupart proposant l’anglais (quelques-uns suggérant
l’espéranto, le français ou le latin) ;
- 60% d’entre-eux seraient prêts à voter
une motion en faveur d’un processus d’adoption d’une langue commune.
Contact : UnitéE, 3bis rue de l’Essai, F-75005 PARIS. Site Internet: http://www.unitee.com.