Des yeux grands ouverts
sur un sourire de Joconde
perdue sur un tableau de Vinci
J’ai laissé ma vie flotter
dans les eaux troubles
des souvenirs et du présent
L’amour a mené cette guerre
Il l’a peut-être gagnée
Comment savoir…
J’ai le monde en horreur
et les hommes en pitié
J’aime tout et rien
P A R A D O X E S
J’envie l’originalité
mais lui préfère la banalité
parce que plus difficile
J’aurais aimé la vérité
si je n’avais pas su mentir
ou imaginer
ou rêver
dans ma solitude
mais
je ne serai lors ni homme ni poète
et ce ne serait pas moi
cet être fou et contradictoire
qui jette des mots fatals
en travers des pages vierges
et qui souffre
tout en étant heureux
Gilbert MARQUES
A propos du poème reproduit ici, l’auteur précise : « L’homme est pétri de paradoxes et le reconnaître est, d’une certaine manière mal perçu. Personnellement, je n’en ai pas honte. L’homme doit évoluer, sans se renier, et il lui est permis de se tromper mais l’époque n’admet plus cette caractéristique humaine qui pourtant l’enrichit. N’aurions-nous plus droit à l’erreur? »