par Harold S. BIDMEAD, Oslo
"Le gouvernement fédéral est caractérisé par une division des attributions entre autorités qui ne sont subordonnées d'aucune façon l'une envers l'autre; cela vaut tant pour l'étendue que pour l'exercice de leurs attributions constitutionnelles."
(K.C. WHEARE - "What Federal Government is")
Il est beaucoup question de réformer l'Organisation des Nations Unies, en améliorant en particulier ses mécanismes de prise et d'exécution de décisions. Tout cela est très bien, mais n'allez pas créer une garde prétorienne sans vous assurer que cela va se passer sous contrôle démocratique. Sinon, nous aurons un Super-Etat, une tyrannie.
Il appartient au monde de décider s'il faut re-créer une organisation internationale au niveau mondial qui raisonnablement ne peut pas être un gouvernement - ou inventer un gouvernement international qui au départ ne peut pas couvrir le globe entier. Une solution consiste à laisser la branche 'sécurité' de l'O.N.U. tel qu'elle est - une sorte de "bourse" diplomatique, un club de débat - et de construire parallèlement un modèle du nouvel ordre mondial, conçu sur des principes scientifiques.
Dans cet ordre d'idées il apparaît comme un paradoxe que les enseignements de fédéralistes tels que WASHINGTON, HAMILTON, JAY, MADISON, STREIT, CURRY, REVES, CURTIS et NASH sont à l'heure actuelle et pour l'essentiel ignorés et oubliés par les soi-disants architectes du nouvel ordre mondial.
Ainsi la propagande des fédéralistes auto-déclarés ne sert souvent qu'à apporter l'ignorance aux ignorants, et ceci est notamment vrai pour la notion qu'une fédération est une sorte d'O.N.U. améliorée.
Certains auteurs "fédéralistes" font croire dans leurs écrits qu'il suffit de charger une organisation d'obligations pour lui conférer automatiquement la puissance de facto pour les réaliser. Nous voyons des pamphlets prétendument fédéralistes donnant l'impression erronée que la paix se réalise du fait de se réunir autour d'une table et de s'accorder d'aboutir à un accord.
Bon nombre de ces publications mettent l'accent sur la co- opération internationale, en laissant entendre que la "co- opération" fait partie intégrante du message fédéraliste. Bien au contraire, comme l'observe Lionel CURTIS:
" 'Influencer ne veut pas dire gouverner' (George WASHINGTON). J'ai souvent utilisé ces termes mémorables en réponse à ces meneurs aveugles des aveugles qui ont fait croire au monde que les problèmes internationaux ne sauraient être résolus que par le seul moyen de la coopération, et qui ont ainsi contribué à la mettre en ruines." ("Faith and Works")
Tout écrit publié sous l'étiquette fédéraliste ne fait passer son message qu'à condition de s'appuyer sur les principes fondamentaux du fédéralisme:
a) La première cause de la guerre est la souveraineté nationale (la prétention d’agir comme juge et jury dans son propre cas).
b) Le remède contre l'anarchie internationale est le gouvernement international. ("Gouverner est la seule alternative à la résolution des conflits par le combat que l'humanité a découverte..." W.B. CURRY, "The Case for Federal Union").
c) Un gouvernement international doit tenir son autorité des gouvernés - des citoyens.
d) Ses lois doivent exercer leur action directement sur les citoyens en tant qu'individus (faute de quoi la législation ne peut être imposée sans violence).
e) Son parlement doit partant être élu directement par les citoyens.
f) Ses pouvoirs doivent explicitement être limités aux seules affaires internationales, tous les autres pouvoirs restant dans la compétence des parlements nationaux et des citoyens, auxquels ils appartiennent déjà.
Cette séparation des pouvoirs rendrait le système fédéral.
Une telle union fédérale doit rester ouverte à toutes les autres nations prêtes à rejoindre les exigences démocratiques de la Constitution.
(Traduction FCE de l'anglais)
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