Le temps change tout. Même les systèmes de pouvoir étatique sont éphémères, comme nous le savons. Les nombreuses expériences de la guerre au XXème siècle (de Sarajevo jusqu’au Kosovo) devraient nous servir de leçon pour le maintien d’une paix durable grâce à un droit mondial cohérent, et non pas par la guerre.
Le génial Albert EINSTEIN, par exemple, nous a appris que la Terre est un ‘village global’. Le droit international existant se révèle insuffisant et non adapté aux exigences des temps modernes: une interdépendance croissante de tous les pays, un réseau de communication illimité, une intégration poussée des populations allant jusqu’à l’émergence d’une éthique commune (la culture du respect de la vie, la culture d’un ordre économique équitable, la culture de la tolérance, la culture de l’égalité des chances entre hommes et femmes…)
Enfin toute communauté se doit de régler ses différences par la loi, non par la guerre. Pour éviter le recours à la violence, le droit doit être appliqué directement aux individus, et non à des communautés de peuples, à des Etats-nations. La justice n’a pas besoin d’armes de destruction massive.
Seuls les responsables effectifs de crimes contre l’humanité doivent être punis, non les pauvres, les faibles et les innocents.
Il est entendu qu’un tel droit international régi par des principes fédéralistes doit être instauré par des assemblées élues démocratiquement. L’Europe a fait des premiers pas dans cette direction. Il s’agit maintenant de faire aboutir ce projet. Tant qu’un Etat membre peut quitter l’Union Européenne, celle-ci n’est pas vraiment une «Union» et la sécurité des peuples – qui en est la finalité déclarée – n’est toujours pas assurée.
Un sondage FCE (délai
de réponse: 30 avril 1999), mené auprès des candidat-e-s
au Luxembourg pour les élections au Parlement Européen (13
juin 1999), fait apparaître que la nécessité d’une
constitution fédérale pour l’Europe n’est pas reconnue. Cet
aspect primordial des élections de 1999 est pratiquement écarté
des débats nationaux. Une chance historique manquée! Chaque
citoyen intéressé par le sujet trouvera un grand choix d’idées
et de suggestions (en plusieurs langues) sur le site Internet de FCE: http://fly.to./fce.
Il importe avant tout de prendre conscience que la souveraineté
nationale (la prétention d’agir comme juge et comme partie dans
son propre cas) est un mythe, aussi démodé que le droit divin,
absolu des rois. C’est elle qui offre la meilleure protection aux dictateurs
(Saddam Hussein, Pinochet, Milosevic…). La souveraineté absolue
va de pair avec le nationalisme; le nationalisme entraîne la guerre.
L’enjeu de la 2ème guerre mondiale était de combattre trois
ennemis qui avaient pour devise: « L'Etat, c'est tout ». De
manière inconséquente, l’ONU a été construite
sur un système d’Etats-nations (art.2.1. de la Charte). Seuls les
Etats sont acceptés comme membres. L’incapacité de l’ONU
à prévenir des guerres est plus manifeste que jamais.
Afin de parer au chaos international, le moment est venu de réfléchir aux possibilités d’un véritable gouvernement mondial. Les souhaits exprimés ici représentent certes des idéaux dignes de guider nos efforts. Il se peut qu’à l’heure actuelle l’élection, au suffrage universel, d’un Parlement mondial représente une utopie bien lointaine. Néanmoins, la fédération des démocraties établies est un choix du possible. On recommande, non seulement aux pessimistes, la redécouverte du bestseller politique de 1939 Union Now de Clarence K. STREIT, un pionnier de l’idée de l’Alliance de l’Atlantique Nord.
La compétence d’une telle fédération devrait explicitement être limitée aux seules affaires internationales, tout le reste relevant des parlements nationaux et des citoyens. C’est la meilleure garantie pour chaque pays, grand ou petit. En effet, cette séparation des pouvoirs en ferait un système fédéral.
De cette manière il appartiendra aux régimes démocratiques de montrer la voie vers une Union fédérale – assez puissante pour que personne n’ose la défier, assez juste pour que personne ne s’oppose à elle et couronnée d’un tel succès que tous les pays non membres vont demander, à grands cris, à en faire partie.
FLASHES-CONTACTS-ECHANGES (FCE), réseau culturel et citoyen
B.P. 208, L-2012 LUXEMBOURG
***