Edito 96
«La première condition de la paix
est de comprendre que cette méthode ne peut jamais prévenir
la guerre. La loi et la loi seule peut amener la paix parmi les hommes,
mais jamais les traités.»
Le droit et la démocratie doivent dépasser les frontières
A Luxembourg, nous accueillons ces jours-ci le porte-parole du Tribunal pénal international pour l’Ex-Yougoslavie, Monsieur Christian CHARTIER. Il est question de la genèse, des activités actuelles et futures de cette institution - aujourd’hui établie grâce aux campagnes de soutien (cf. aussi FCE no 95) - et dont la création, il y a trois ans seulement, relevait du domaine de l’utopie. Ainsi les fédéralistes nourrissent plus que jamais l’espoir que dans le sillon du T.P.I. l’idée d’instaurer un tribunal pénal permanent et mondial fasse aussi son chemin.
La manière la plus pure, la plus logique et partant la plus sûre de promouvoir la mise en oeuvre d’un droit mondial consiste à faire émerger, développer et renforcer continuellement et sans relâche la démocratie à tous les niveaux de relations: personnel, local, régional et mondial.
Les droits de l’Homme sont universels et aucun propos contraire de chef d’Etat, fut-il Président de la France, ne pourra renverser cette évidence. La démocratie est le seul levain qui puisse faire lever des structures politiques de gouvernement mondial. C’est elle qui garantit l’émancipation et les libertés fondamentales de chaque être humain, «chef-d’oeuvre de la nature», comme l’explique ci-après Georges KRASSOVSKY dans ses idées sur le ‘Nouvel Humanisme’.
Harold S. BIDMEAD, pour sa part, insiste dans son article au sujet du droit inter-populaire à réaliser sans violence, sur la stratégie essentielle du combat contre la souveraineté nationale, idole vénérée bien à tort. Tous les autres efforts de rafistolage d’une organisation mondiale à la dérive ne sont que manoeuvres aveugles, au mieux des tactiques. Cet objectif peut rassembler les gens de sensibilité différentes, qu’ils soient démocrates, pacifistes, écologistes, voire anarchistes.
C’est l’individu qui est l’unité de base et de référence directe du droit fédéraliste mondial tel qu’il est conçu dès aujourd’hui.
J.P
***.