Edito no 90


«Partout dans le monde aujourd’hui, on voit à l’oeuvre des hommes paranoïaques, assoiffés de pouvoir, très habiles, et, en même temps, il existe de grandes masses de gens très braves et très naïfs qui, manipulés par ces hommes paranoïaques, se dressent les uns contre les autres.»

(Georges KRASSOVSKY)

Le Droit Mondial

Dans l’avant-dernier numéro il était dit que le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie - appelé à appliquer la loi à l’individu et non plus à des Nations - préfigure une sorte de Cours de Justice Criminelle Inter-populaire, compétente pour juger les crimes contre l’humanité et la paix dans le monde...

Ce besoin de créer un droit mondial, qui transgresse dans son essence le cadre fermé des souverainetés nationales, se fait de plus en plus sentir dans le contexte actuel de crise de l’ordre mondial et de la multiplication des conflits armés (le dernier en date entre le Pérou et l’Ecuador... et d’autres risques d’éclater à tout moment).

Aussi, le mouvement pour obtenir un tel droit mondial s’amplifie et l’opinion publique internationale commence à se mobiliser. Des initiatives comme l’institution d’un « Permanent People’s Tribunal » - qui vient de rendre son verdict dans l’ « affaire » du droit d’asile en Europe, le 12 décembre 1994 à Berlin (adresse:: via della Dogana Vecchia 5, I-00186 ROMA) - ou comme la demande (adressée à la Cours Internationale de Justice de la Haye, voir ci-après) de déclarer l’arme nucléaire « illégale » vont dans ce sens.

Une Cours de Justice Inter-populaire devrait notamment réagir face à l’agression russe - qui risque de ne pas être sanctionnée - contre la Tchétchénie, situation d’injustice flagrante évoquée dans ce numéro par Georges KRASSOVSKY dans un cri du coeur. En particulier, il devrait y avoir, au niveau transnational, des moyens efficaces de recours dans des cas, comme celui de l’assassinat de Gaby MAIRE au Brésil, où la justice nationale est en grande partie bloquée par des clans criminels qui imposent « leur loi »..

Au-delà de nouvelles institutions juridiques à mettre en place, il faut, bien entendu, réfléchir à se doter d’autres instruments fédéralistes: ce qui se fait actuellement au sein de l’Union Européenne, pour préparer l’échéance très importante de 1996, et dont Harold S. BIDMEAD nous livre les conclusions encourageantes des premiers rapports intermédiaires.

J.P.

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