C'est une vérité de La Palice que de dire que les structures actuelles de l'O.N.U. (dont l'absence de démocratie) sont inadaptées aux nouvelles exigences de la situation mondiale. Cependant il ne convient pas de seulement critiquer l'O.N.U. pour tout ce qu'elle n'est pas, car le simple dénigrement fait l'affaire des détenteurs des souverainetés nationales, sans doute le mal suprême dont souffre le monde. Il s'agit plutôt de proposer des alternatives viables allant dans le sens d'une fédération mondiale démocratique.
Dans une telle perspective, il est notamment souhaitable et légitime que le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (appelé à appliquer la loi à l'individu et non plus à des Nations) préfigure une sorte de Cours de Justice Criminelle Inter-populaire, compétente pour juger les crimes contre l'humanité et la paix dans le monde (cf. FCE no 87, voir aussi en page 5).
Le temps est donc venu de jeter les bases d'une réorganisation politique mondiale qui mette un terme à l'inflation des conflits qui explosent partout et qui rendent la paix fragile dans chaque région du globe. Ce nouvel ordre appelé de nos voeux doit se construire dans le respect des valeurs et des principes de la démocratie, des droits de l'homme, de la diversité des cultures et de la tolérance mutuelle.
Depuis dix ans, les FCE se réclament du "fédéralisme", terme mal compris à une époque où l'on a tendance à le discréditer sans connaissance de cause, voire à l'"abjurer", comme on a pu l'entendre de la bouche du premier élu de France pour le Parlement Européen; de même, le candidat britannique à la présidence de la C.U.E. (Commission de l'Union Européenne) sème la zizanie en jouant sur les mots et en ne comprenant par 'fédéralisme' qu'un système spécifiquement américain dont le modèle serait à rejeter pour l'Europe. Décidément, parmi la confusion qui règne, il devient une priorité de remonter aux sources, de dégager l'essence du fédéralisme et de montrer que ses principes, claires et lucides, sont facilement compréhensibles et assimilables.
Le texte qui suit fait aussi apparaître que le "fédéralisme" n'est pas mort avec la Yougoslavie, étant donné que les principes démocratiques qui le caractérisent ont été bafoués dès le départ par le système totalitaire imposé par le parti unique. Les réformes de décentralisation seulement introduites en 1974, mais toujours sans fondements démocratiques, n'ont pas sorti la "fédération yougoslave" de l'état du mythe et ont plutôt contribué à exacerber les nationalismes latents.
Espérons que ces "approches" contribuent à dissiper les menaçants nuages gris et noirs recouvrant les images obscures que d'aucuns nous peignent du "fédéralisme". A y voir de plus près, on ne peut s'empêcher de découvrir la clarté et la dynamique propre de ces concepts purs qui, conçus au siècle des "Lumières" et développés ensuite dans une ligne d'idées, donnent aussi la preuve qu'ils ne représentent pas de dogmes indiscutés et immuables.