Au Moyen Orient comme ailleurs (dans les Balkans, en Afrique, etc.), les grandes puissances n’ont cessé, au cours de ce siècle, d’encourager la création d’Etats-nations en exportant leur modèle avec langue dominante, religion dominante, ethnie dominante… et en suscitant d’innombrables conflits pour le plus grand profit des marchands d’armes et de tout le système capitaliste. Il faut en finir avec ce mélange grossier qui amalgame l’Etat et la Nation.
L’Etat est une administration territoriale, la nation un sentiment d’appartenance, une notion culturelle. Une vieille évolution historique, allant dans le sens que nous préconisons, a déjà commencé avec la séparation des pouvoirs, puis avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat, laquelle n’est encore que très partiellement réalisée. Il faut poursuivre dans cette voie en séparant la nation de l’Etat.
Comme la religion, la nation, petite ou grande (française, allemande, israélienne, palestinienne, serbe, albanaise) doit être une association volontaire, culturelle, éducative, à laquelle chacun doit être libre d’adhérer ou non. L’Etat ne doit être qu’une administration, démocratique et laïque, d’un territoire donné. L’autodétermination doit être affaire individuelle.
De plus, comme les multiples conflits modernes résultent non seulement des phénomènes identitaires mais encore de la concurrence économique, laquelle suscite et exacerbe les inégalités de développement, il nous faut également explorer les voies d’un nouveau système qui devrait mettre l’ensemble des instruments de l’économie au service de tous et non d’une minorité.